
Alors que l’archevêque de Toulouse a nommé comme chancelier un prêtre condamné dans le passé pour avoir violé un adolescent de 16 ans, et ayant depuis purgé sa peine, la présidente de l’association Fraternité Victimes réclame une réflexion sur la question de la réinsertion des prêtres condamnés.
Dans une récente tribune, Juliette Gaté estimait infondé le scandale suscité par la nomination de l’abbé Spina au titre de chancelier. Rappelons les faits : cet homme a été reconnu coupable de viols durant deux ans sur un adolescent. Au moment du procès, les experts notaient chez lui une absence de sentiment de culpabilité et une structure de personnalité perverse. Il n’a pas reconnu les faits et a cherché au contraire à dénigrer sa victime. Il a été nommé curé dès 2009, soit deux ans après sa sortie de prison. Ce n’est que devant le scandale public, grâce au travail des journalistes, qu’il a démissionné de cette charge en 2016.
Dans ce contexte, peut-on vraiment parler « d’épuration drastique » lorsqu’il s’agit d’éviter que cet homme soit nommé à un poste pour lequel le code de droit canonique lui-même requiert d’avoir une réputation intacte ? La « quête de perfection » est sans doute « illusoire », mais en l’occurrence nous pouvons – tout de même ! – oser espérer un meilleur candidat, avec une réputation moins criminelle.
Que faire des prêtres condamnés ?
Cette affaire souligne à quel point le sort des prêtres auteurs de violences sexuelles est une question délicate. Que faire de ces hommes, notamment lorsqu’ils ne sont pas renvoyés de l’état clérical ? Ce sujet n’est pas nouveau. La commission Christnacht s’y intéresse depuis 2016. En 2021, la première recommandation de la Ciase était de « veiller à ce que les personnes convaincues d’agression ou d’atteinte sexuelle sur mineur ou personne vulnérable fassent dans la durée l’objet d’une prise en charge par des professionnels de santé ». Le premier enjeu est de trouver ces soignants qualifiés, compétents et formés. Le deuxième est celui de la durée : qui décide de la fin d’une prise en charge ? Que faire lorsque le principal concerné interrompt son suivi sans concertation ?