
Rebelles ou en fin de vocation, des dizaines de nonnes sont écartées de leur communauté chaque année, sans aide et inexistantes pour l’État, au risque de finir à la rue. Un angle mort dans l’Église.
L’une des rares choses qui réconfortent Catherine, ce sont ses nouvelles pantoufles. « Chaudes, douillettes, un vrai cocon », sourit la quinquagénaire en les décrivant. On insiste : il y a bien autre chose qui lui procure du plaisir ? « De temps en temps », elle s’achète « des bonbons » et du « Coca ». Elle réfléchit, fixe le ciel de ses yeux bleus en amande. « Cela fait trente ans qu’on ne m’avait pas demandé ce qui me faisait plaisir dans la vie, reprend-elle. J’essaie de survivre, alors pour les douceurs, on verra plus tard… »
(…)
« Un scandale », se révolte Mélanie Debrabant, fondatrice de l’association Fraternité Victimes, qui a accompagné 75 de ces femmes en deux ans. « C’est inacceptable pour l’Église, pour ces lieux censés propager le bien, mais aussi pour l’État, qui laisse faire. Ce sont des citoyennes clôitrées dans des endroits où le droit n’est pas respecté. À l’heure où les autorités mettent le nez dans les écoles catholiques, pourquoi pas dans les congrégations, où vivent des femmes privées de papiers et soumises aux vœux d’obéissance ? Cela cache toutes les cases d’une dérive sectaire ! »
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